Un diagnostic médical en trois secondes

En février 2011, un superordinateur baptisé Watson a réussi à battre deux champions humains au jeu télévisé américain Jeopardy. Un coup d’éclat qui n’est pas sans rappeler celui d’un autre superordinateur, Deep Blue, qui avait battu le champion du monde d’échecs en 1997. Mais au-delà de cet événement hautement médiatisé, Watson aura bientôt des applications un peu plus pratiques, dont celle de poser des diagnostics médicaux.

Un superordinateur aux capacités impressionnantes

Le superordinateur Watson. ©Wikimedia Commons

Le superordinateur Watson, nommé en l’honneur du fondateur d’IBM, Thomas J. Watson, a été mis au point par une équipe de chercheurs affiliés à la société IBM, dans le cadre d’un vaste programme nommé DeepQA. Watson possède des caractéristiques impressionnantes : 15 téraoctets de mémoire vive et 2880 processeurs travaillant en parallèle, répartis dans 90 serveurs fonctionnant en réseau.

Watson peut ainsi traiter quelque 200 millions de pages de données en moins de trois secondes. Fait intéressant, il est également conçu pour répondre à des questions posées en langage naturel – et non en requêtes codées – ce qui rend son utilisation beaucoup plus accessible.

Élémentaire, mon cher Watson!

À la demande d’un médecin, Watson pourra donc mener en quelques secondes une enquête approfondie en analysant toute la documentation médicale disponible – répertoires de symptômes, analyses de cas, dossier médical du patient, résultats de tests antérieurs, protocoles en vigueur, études cliniques, recherches de pointe, etc. – pour proposer un diagnostic ou un traitement.

On imagine facilement les avantages d’une telle machine. Jamais un cerveau humain, aussi exceptionnel soit-il, ne pourra traiter avec autant de rapidité et de rigueur une telle variété de renseignements. De plus, Watson permettra d’intégrer rapidement à sa base de données les derniers résultats des recherches cliniques, accélérant d’autant leur disponibilité pour le médecin traitant.

Pour tout le monde?

Les premiers projets-pilotes mettant en vedette « Dr Watson » devraient voir le jour au début de 2012. À terme, le but serait évidemment de le rendre disponible au plus grand nombre possible de cliniques et d’hôpitaux. Toutefois, il semble utopique de croire que tous les établissements de santé, même ceux œuvrant en milieu défavorisé, pourront se permettre l’acquisition d’un clone de Watson…

L’humain et la machine

Et n’oublions pas qu’une machine restera toujours une machine. La capacité d’analyse d’un bon médecin, qui connaît son patient et ses particularités, ne pourra jamais être totalement remplacée par les connaissances d’un ordinateur. Watson sera un outil précieux, certes, mais qui demeurera un outil parmi d’autres.

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10 réponses à Un diagnostic médical en trois secondes

  1. karine dit :

    Personnellement, je trouve que ça fait peur!! Remplacer le médecin par une machine, j’aurais pas autant confiance!
    Le risque d’erreur de diagnostic risque augmenter considérablement… Je préfère de loin attendre un peu plus longtemps pour avoir les résultats de mes examens!

    • Anne dit :

      Le danger est précisément là, c’est-à-dire que le médecin se mette à se fier exclusivement à la machine et perde sa capacité à analyser lui-même la situation (qu’arrive-t-il lorsque la machine n’est pas disponible?). Selon moi, il faut plutôt voir l’ordinateur comme un outil pour aider le médecin à rassembler le plus de renseignements possible au même endroit.

      • Bouamoud Habib dit :

        Salut,
        Bien dit. L’ordinateur comme un outil pour aider le médecin à rassembler le plus de renseignements possibles sur le patient : Son historique de Santé, ses antécédents médicaux & ceux de ses parents & proches, son groupe sanguin, ses allergies (à la pénicilline, à l’aspirine, …), …
        Ceci est possible grâce à un dossier médical informatisé sur une Carte d’Identification Individuelle à Puce où toute information médicale sera enregistrée par le praticien qu’il consulte automatiquement (au moyen d’un code d’accès personnel). Les dossiers médicaux étant regroupés dans une banque de données sanitaire nationale pourront être consultés par le médecin consultant grâce aux liens de parentés pour mieux soigner le malade d’une part, et d’autre part constitueront la base pratique pour tous les chercheurs et les praticiens (publics et privés).
        Alors l’utilité de l’Ordinateur super-puissant relié à tout un système informatique de la Santé Publique, c’est de permettre de gérer ces données sanitaires à l’échelle de tout le pays et même à l’échelle Internationale. Les patients ne seront que mieux servis : Figurez vous quelqu’un qui arrive chez un médecin (privé ou public) hors de sa région dans un état lamentable et ne pouvant point répondre aux questions du consultant et que son état trop urgent et critique nécessite une intervention rapide et immédiate, sa Carte d’Identification Sanitaire permettra d’orienter le médecin plus rapidement pour mieux le soigner sans attendre trop d’analyses et radios coûteuses et sans perdre du temps.
        Merci de me donner vos avis sur ce sujet.
        Bouamoud Habib
        Rue Mdella Houria, 9070 Mjez ElBab, TUNISIE

        • Anne dit :

          Votre point est très intéressant. Je suis tout à fait d’accord avec vous : un tel système ne pourrait qu’être bénéfique pour le patient. Ici, au Canada, nous n’en sommes pas encore là, malheureusement. L’implantation d’une telle technologie coûte très cher, évidemment (même si les bénéfices à long terme vaudraient largement la dépense), mais d’autres facteurs comme les problèmes de sécurité et de confidentialité des données empêchent une implantation rapide. Des innovations comme le superordinateur Watson permettront peut-être d’accélérer les choses, cependant…

          • Bouamoud Habib dit :

            Certes, c’est un système très coûteux à mettre en place, les Coûts sont cependant récupérables par l’allègement des frais de santé (suivi des malades, hospitalisation et coûts sanitaires moindres, absences pour maladies plus coures, médicaments et produits pharmaceutiques plus gérables surtout en matière de péremptions, meilleurs suivis des personnes à maladies chroniques et de longues durées, …).
            Autrement dit, les coûts de l’investissement seront très vite amortis dans les deux ou trois années de mise en service du système au grand maximum. Mais ceci implique l’effort collectif de toutes les instances impliquées (Ministère de la Santé publique, Cliniques, Caisse de Prévoyance Sociale et de Retraite, Compagnies et Mutuelles d’Assurances y compris celles d’autos, Pharmacies & Laboratoires Pharmaceutiques, … ). Tous doivent mettre le pain dans la planche pour assurer la mise en place du système dans les plus bref délais.
            Pour ce qui est de la confidentialité des informations c’est bien la responsabilité des médecins traitants d’une part qui auront accès au dossier médical par un code d’accès propre à chacun, et par la centralisation du système, la Banque de Données Sanitaires, qui n’autorisera l’accès à ces informations aux autres utilisateurs (Chercheurs, Planificateurs, …) en les contrôlant pour qu’ils ne puissent accéder qu’à des informations brutes impersonnelles. Ainsi, l’intérêt de la recherche scientifique sera garantis. Il en est de même pour les médecins intéressés par la recherche, leur accès au système sera d’une part limité pour les patients qui leurs rendent visite, cependant ils pourront faire appel au système pour chercher les données dont ils ont besoins pour leurs travaux de recherche mais avec la caractéristique impersonnelle.
            Ceci nous l’avons pensé et établi dans « Le schéma Directeur de l’Informatisation de la Santé Publique en Tunisie » en 1977 dont j’étais le chef de projet. Malheureusement, il n’a pas été possible de le réaliser faute de moyens financiers. Mais il est toujours réalisable, rentable et plus économiquement urgent à faire avec les Coûts de la Santé plus Exorbitants. La Tunisie, plus petite que le plus petit département Canadien, peut être un champs d’expérience dans ce domaine.
            APPEL AUX AMATEURS & AUX BONNES VOLONTÉS qui voudront bien collaborer avec nous.
            Merci encore de me donner vos avis sur ce sujet.
            Bouamoud Habib
            Rue Mdella Houria, 9070 Mjez ElBab, TUNISIE

          • Anne dit :

            Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse, les bénéfices à moyen et long termes seraient sans doute largement supérieurs aux coûts initiaux. Il faudra cependant une certaine volonté politique pour y arriver, puisque ce genre de projet à long terme et plus ou moins tangible n’a pas toujours la cote. Malheureusement, je ne suis qu’une humble blogueuse sans réel pouvoir à ce niveau, mais je suis persuadée qu’en en parlant nous pourrons arriver petit à petit à mettre le sujet à l’ordre du jour. Je vous encourage évidemment à poursuivre vos efforts dans ce sens!

  2. AAP dit :

    VENDU!

    Est-ce qu’ il aurait une application pour l’ i/Phone/Pad/Pod??

  3. serge dit :

    Belle avancée technologique à en point douter! Les prouesse de l’ordinateur ne cesse d’impressionner et de fasciner l’être humain. Je comprends les craintes des uns et des autres…Mais toute la question est là: la machine pourrait elle un jour se substituer à l’homme? Quelle est aujourd’hui la limite à ne pas franchir? Comme on dit; on juge une oeuvre à ses fruits. Seulement la prudence dans l’expérimentation reste de mise. L’ancien paradigme qu’est le médecin se devra d’évaluer et d’apprécier à juste valeur les résultats trop souvent « logico-mathématiques » et moins humanisant du second. Faudrait également penser à l’utilisation de celle-ci; lorsqu’on pense à son internationalisation. Car c’est pas l’arme qui tue, mais c’est celui qui l’utilise à cette fin…La vrai guerre serait à ce niveau non celle de « Mamom » ou de la luxure, mais celle de la « conscience » . Car effectivement « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais).

    • Anne dit :

      Il est certain que la machine ne pourra jamais tenir compte de toutes les variables de type « humaines » (condition physique et mentale du patient, volonté, niveau de collaboration, etc.). Je ne crois pas que la machine remplacera un jour totalement le jugement du médecin; toutefois, elle peut le soutenir et lui permettre d’avoir rapidement à sa disposition tous les renseignements pertinents afin d’assurer une décision éclairée.

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