Des insectes dans l’assiette

Et si les bestioles étaient la viande de demain ?

Je vous invite à dîner, à la bonne franquette. En amuse-gueule, sucettes de scorpions ou canapés aux criquets, bien croustillants. On enchaîne avec des petites crêpes farcies de larves, juteuses à souhait. On passe au plat de résistance : un hamburger à la viande de termites hachée, cuite sur le barbecue. Le dessert sera léger, des mantes enrobées de chocolat noir. Bon appétit !

Vous me dites : « T’es complètement dingue ! »
Je vous réponds : « C’est l’avenir ! »

Les avantages d’être entomophage

En 2050, nous serons 9 milliards d’être humains. Comment nourrir tout ce monde, alors que les populations des pays riches et émergents consomment toujours plus de viande, alors qu’il y a déjà pénurie de terres agricoles, que les mers sont surexploitées et les sols épuisés, et que les changements climatiques rendent la vie toujours plus difficile aux agriculteurs ?

Pour plusieurs, l’entomophagie (ou la consommation d’insectes) est la solution à bien des maux. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) étudie même sérieusement la question. Et avec raison ! L’élevage et la consommation d’insectes comportent de multiples avantages. Non seulement les petites bestioles sont riches en protéines, en calcium et en fer, mais elles sont aussi faibles en gras et en cholestérol. De plus, comparativement à l’élevage d’animaux plus gros (bœuf, porc, mouton, poulet, poisson, etc.), les fermes d’insectes nécessitent peu d’espace, sont peu coûteuses et engendrent beaucoup moins de déchets et de gaz à effet de serre.

 

Mais comment surmonter notre répulsion ?

Certes, il faut vaincre cette profonde aversion (proprement occidentale) pour le bétail à six ou huit pattes. Le défi est purement psychologique. Après tout, nous mangeons déjà, et avec appétit, crevettes, homards, moules et autres bestioles aquatiques, lesquelles, avouons-le, ne sont pas des plus ragoûtantes ! Sans compter que (pardonnez-moi pour le choc) nous consommons aussi des insectes à notre insu; les aliments transformés tels que les tomates en conserve, le beurre d’arachide ou le chocolat contiennent inévitablement une certaine quantité de bestioles broyées

Sans doute nous faudrait-il une adaptation progressive. Aux Pays-Bas, des chercheurs planchent sur des façons de surmonter ce « berk ! » instinctif lorsqu’il s’agit de consommer des petites bêtes. Un des projets à l’étude consiste à extraire la viande des insectes pour en faire des saucisses ou des boulettes dont la forme n’aurait plus rien d’un animal. Bref, comme le bœuf, le poulet, le porc et autres chairs aseptisées vendues au supermarché, mais en plus nutritif, économique et écologique…

Alors ? Un petit steak de scarabée, ça vous dit ?

Pour vous mettre en appétit, consultez la section Insectes et arachnides du Dictionnaire Visuel.

Voir aussi :
Jardiner en ville, une idée qui porte fruits
7 milliards… ça veut dire quoi?
Le réseau alimentaire des êtres vivants
Le homard
L’abeille
L’araignée, travailleuse de l’ombre 

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12 réponses à Des insectes dans l’assiette

  1. Mélanie dit :

    Je sais très bien que cette aversion de manger des insectes est dans la tête. Mais quand j’y pense mon estomac fait vraiment trois tours! Je crois qu’il faudrait qu’il ne reste juste ça à manger pour que je puisse mettre dans ma bouche des larves « bien juteuses ».

  2. karine dit :

    En extractant la viande de l’insecte… Oui je serais game de goûter! Mais arrives moi pas avec un insecte complet qui a encore ses yeux, pattes, carapace… même dans le chocolat… ça passerait pas!

  3. Bethsabée dit :

    Quand on y pense, et quand on voit une usine d’abattage, c’est franchement plus dégoutant de manger des animaux. Changement culturel à l’horizon? Amenez moi du sel et du sucre et je suis prête pour la dégustation de boulettes et de turtles!

  4. Céline dit :

    Les végétariens disent que les carnivores bouffent des cadavres (voir steak saigant). Quand on y pense, c’est vrai. Alors pourquoi ne pas manger seulement du végétal. C’est vrai aussi qu’un bon poulet rôti c’est agréable et pour les yeux et pour l’estomac.
    Pour ce qui est du « berk » des insectes, que dire de l’ huître qui est un aliment très prisé et dont les amateurs en sont fous. Est-ce que c’était une question de survie pour le premier homme qui a osé y goûter ?
    Je me souviens dans un souk au Maroc, les gens achetaint des poules très vivantes et demandaient au marchand de couper la tête. Ils le font devant leurs clients.
    Compte tenu que les immigrants ont amené une nourritue différente au pays à notre grand plaisir pour diversifier nos repas, peût-être que les insectes seront dans nos assiettes dans un avenir prochain. Certains peuples en consomment déjà et sans dire « BERK »

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  6. avocat paris dit :

    J’ai regardé un reportage qui justement expliquait qu’il fallait ce préparer à manger des insectes au quotidien dans une vingtaines d’années ! Premièrement à cause de la pollution que produise les animaux d’élevage que l’on mange, et deuxio pour lutter contre la malnutrition. Un des sacrifices pour les futures générations. Pourriez-vous me donner l’adresse d’un bon restaurant qui sache les cuisinées, je ne voudrais pas mourir sans y avoir goûter !

  7. Voyons voir… Si je comprends bien, il faudrait s’habituer à trouver de délicieuses barquettes d’insectes sous vide dans les rayons des supermarchés? Les boucheries se transformeraient-elles en instectes-store?

    Admettons que l’on trouve un moyen d’empêcher notre estomac occidental de se retourner à la simple vue de cette « nouvelle viande » (peut-être grâce à une pilule qui ferait la joie de nos laboratoires pharmaceutiques?), encore faudrait-il réussir à faire de ce nouveau lobby une activité rentable tout en restant proche de la nature de ces bestioles croustillantes sous la dent. J’entends par là, éviter de se retrouver dans le même cas que les poulets de batterie: si on cherche déja à faire grossir (par rapport à leur taille naturelle) des volatiles environ, disons, 70 fois plus grosses qu’un insecte, sous prétexte de rentabilité, qu’en sera-t-il de nos pauvres criquets? Ecologique dites-vous? A mon humble avis, le taux apparemment élevé de protéines, calcium et fer se retrouvera vite en chute libre face à celui des OGM utilisés pour concrétiser une célèbre fable : « la grenouille qui voulait se faire aussi grosse qu’un boeuf »!

    Mais bon, admettons. Que nous arrivions en 2050 sans encombre. Que la population mondiale maintienne sa croissance, ou plus exactement continue à l’exponentialiser. Qu’il reste d’ici là assez d’oxygène et de place pour tous ces humains. Et qu’en l’occurence, nous n’ayons plus assez de nourriture en stock (cela inclu que nous ayons appris à ne plus jeter les milliers de tonnes de nourriture gachée chaque jour par tous les restaurants et grandes distributions du monde entier). Eh bien je crois que, si nous avons faim, nous ne nous poserons plus la question de savoir si la chose dans notre assiette se rappoche plus de la manthe religieuse craquante ou du lombric gluant, tant que la satiété est atteinte.

  8. Crokfun dit :

    Après, si les gens veulent découvrirent les insectes comestibles, j’aurais plutôt tendance à conseiller des sites spécialisés dans la vente d’insectes comestibles comme ce spécialiste des insectes. Ce sont des spécialistes de la vente d’insectes et vous les trouverez sous une forme marrante qui vous aidera à mieux appréhender la consommation d’insecte pour ceux qui se sentent repoussé.

    Après, il est de notoriété publique que manger des insectes est une solution possible pour sortir de la crise alimentaire mondiale vers laquelle nous nous dirigeons, mais il est triste de constater que la prise de conscience prenne autant de temps.

  9. Ping : Êtes-vous prêt pour la viande artificielle ?

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