50 bougies pour l’OQLF

L’Office québécois de la langue française (OQLF) fête cette année ses 50 ans. Ce demi-siècle a été fertile en réalisations, particulièrement au niveau de la terminologie et de l’aménagement linguistique, mais aussi en controverses et en débats animés. C’est que l’OQLF touche à un point très sensible au Québec, et qui a l’habitude de soulever les passions : la langue française, sa normalisation et son utilisation dans l’espace public.

La naissance de l’OQLF

Créée en 1961, cette institution gouvernementale avait pour mission originale de « veiller à la correction et à l’enrichissement de la langue parlée et écrite ». Au départ, son rôle était donc essentiellement linguistique. Comme le raconte Jean-Claude Corbeil dans son essai L’embarras des langues. Origine, conception et évolution de la politique linguistique québécoise, ce fut alors le début des grands travaux de terminologie et de lexicologie, qui avaient pour objectif d’enrichir et d’améliorer le vocabulaire des francophones québécois. La somme de ces travaux, qui se poursuivent encore aujourd’hui, enrichit le Grand dictionnaire terminologique, produit phare de l’OQLF, accessible gratuitement sur l’internet.

Une institution qui évolue

Au fil du temps, le mandat de l’OQLF a été précisé ou modifié à plusieurs reprises. L’Office a acquis de nouvelles missions à caractère plus directif ne touchant plus uniquement à la langue elle-même, mais plutôt à son utilisation (francisation des entreprises, affichage francophone dans les lieux publics…). L’adoption par l’Assemblée nationale du Québec en 1977 de la Charte de la langue française – la fameuse « loi 101 » – a d’ailleurs donné à l’OQLF la responsabilité officielle de l’application de la politique linguistique québécoise.

Depuis le début, l’intervention de l’État pour réglementer l’usage de la langue a toujours suscité des réactions ambivalentes, allant de l’enthousiasme à la méfiance. Pour certains, ces lois et mesures sont trop contraignantes, alors que pour d’autres, elles demeurent au contraire trop laxistes.

Cinquante ans plus tard, une institution comme l’OQLF est-elle toujours le meilleur rempart protecteur de la langue ? D’importants gains ont été réalisés depuis les années 1960 en ce qui concerne la qualité, la place et le statut de la langue française au Québec, mais avons-nous pour autant gagné le combat du français en Amérique du Nord ?  Selon le Rapport sur l’évolution de la situation linguistique au Québec, justement publié par l’OQLF, le poids relatif des francophones au Québec continue de diminuer, lentement mais sûrement…

Cette entrée a été publiée dans Actualité, Culture, Histoire, Langue, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Current month ye@r day *

L'équipe du blogue ikonet aime recevoir vos commentaires et vos questions, tant qu'ils respectent les quelques règles suivantes :
  • Les propos racistes, sexistes, homophobes, injurieux, diffamatoires, vulgaires ou inappropriés sont interdits ;
  • Le harcèlement, les attaques personnelles et les incitations à la haine sont interdits ;
  • La divulgation d'informations confidentielles et/ou protégées par une loi est interdite ;
  • Les propos n'ayant aucun rapport avec le sujet abordé par l'auteur ou s'adressant uniquement à un petit groupe d'internautes sont interdits ;
L'équipe du blogue ikonet se réserve le droit de supprimer, sans préavis, les commentaires qui ne répondent pas à une ou plusieurs de ces règles, et de modifier ces dernières.

Au plaisir de vous lire !

L'équipe de blogue ikonet