En direct (ou presque) du carnaval

Si vous visitez Recife, grande ville au nord-est du Brésil, pendant la période du carnaval, attendez-vous à tout un dépaysement ! Aussitôt dans la rue, vous serez cerné de personnages de bande-dessinées, de robots bigarrés et d’autres fêtards emplumés de tout acabit. Difficile d’y reconnaître son voisin, pourtant plusieurs vous diront que c’est pendant la période du carnaval que les Brésiliens sont les plus authentiques.  Mon collègue Salvatore, lui-même Brésilien expatrié depuis près de vingt ans au Québec, était sur place cette année et a eu la générosité de partager son album photo et ses impressions avec moi. Une belle occasion d’en découvrir un peu plus sur ce qui rend cette fête unique au monde.

Le carnaval : une fête par et pour tout le monde

Les images du Carnaval de Rio de Janeiro nous montrent souvent des danseurs professionnels, vêtus de costumes éclatants et montés sur des chars allégoriques aux dimensions impressionnantes. C’est bien beau tout ça, mais ce n’est pas dans ce grand déploiement que loge le véritable esprit de la fête. Comme Salvatore me l’expliquait, « voir mes oncles, mes tantes, mes cousins, toute ma famille se réunir pour se costumer avant d’aller au carnaval, passer toute la soirée dans les rues avec les amis, sans se soucier de l’heure du retour… c’est ça mes souvenirs les plus forts du carnaval ! ». Une fois costumés, tous les styles et toutes les classes sociales se mélangent : à chaque coin de rue, des inconnus engagent la conversation, ou esquissent un pas de samba, tout naturellement.

Dans les rues, sur la plage, la samba est partout !

Les Brésiliens sont reconnus pour avoir le rythme dans le sang (et Salvatore n’y fait pas exception !). Il y a d’ailleurs une danse, la carioca, qui porte le nom des habitants de Rio. Dans la capitale, pendant le carnaval, les représentants des plus grandes écoles de samba se livrent une féroce compétition, rivalisant d’audace et de créativité dans la conception de leurs chars, de leurs costumes… et de leurs chorégraphies, bien sûr !

Au Carnaval de Recife, pas de chars, mais, comme à Rio, des groupes de percussionnistes, des danseurs, et partout, partout, des gens déguisés qui se mêlent à la danse. Pour les costumes, aucune limite à l’imagination : la censure n’a pas sa place, tout est permis ! Nuance linguistique amusante : en portugais (la langue la plus parlée au Brésil), on ne dit pas « fêter le carnaval », mais « jouer le carnaval ».

Une fois les célébrations finies, chacun rentre chez soi, range ses plumes et ses cymbales. Mais pas pour longtemps ! Chaque ville ou presque célèbre en plus son carnaval « hors-saison », en plus des festivités entourant la fête de son saint patron, plus quelques événements de moindre envergure, dont la fête de l’oie et la fête de la pomme (comme quoi tous les prétextes sont bons) ! Franchement, je me sens de plus en plus Brésilienne dans l’âme !  ;)

Un mélange de traditions toujours contemporain

Au Brésil, et particulièrement sur la côte Est, plusieurs cultures sont métissées et ajoutent leur couleur particulière au carnaval. Ainsi, les dates du carnaval sont associées au carême catholique : les festivités, qui durent de quatre à six jours selon les villes, prennent fin le soir du Mardi gras, juste avant le début du carême. La culture africaine, quant à elle, a entre autres légué bien des danses et des styles musicaux aux foliões (nom donné aux participants du carnaval). N’oublions pas aussi l’influence italienne, puisque ce sont les bals masqués vénitiens qui ont inspiré les premiers colons portugais instigateurs du carnaval, vers 1840.

Presque deux cents ans plus tard, plus d’un million et demi de personnes prennent part au défilé Galo da Madrugada (le « Coq de l’Aube »), événement qui lance officiellement le début du carnaval de Recife, établissant même un record du monde en la matière. C’est dire si cette procession dansante derrière un coq géant est toujours populaire, même si le sens exact de cette tradition semble s’être perdu au fil des années. « Pendant le carnaval, tout le monde est content et tout le monde se mélange. C’est le moment pour oublier tous ses soucis… et faire la fête ! », m’explique Salvatore, qui me donne envie de voir si j’arrive à me réserver des billets pour l’année prochaine…

Merci Sal, pour cette bouffée d’air du Sud ! Pour toutes les photos de Salvatore, rendez-vous sur la page Facebook d’ikonet.com.

PS Avez-vous vu le film Rio? Je ne comprends pas qu’il n’ait pas gagné l’Oscar de la meilleure chanson…

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4 réponses à En direct (ou presque) du carnaval

  1. Luiza Ciocsirescu dit :

    cool! hé! c’est où le costume de Salvatore? :)

  2. Salvatore dit :

    Je n’ai malheureusement pas eu le temps de me préparer un costume. :( Le carnaval a été excellent même sans costume. Une expérience que d’après moi, tout le monde doit vivre, sentir cette incroyable chaleur humaine et qui fait n’importe qui danser et faire la fête.

    En passant Myriam, excellent résumé! :)

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