L’homme des cavernes moderne

En 1985, S. Boyd Eaton et M. Konner publiaient un article intitulé Paleolithic Nutrition: A Consideration of Its Nature and Current Implications (La nutrition paléolithique : examen de sa nature et de ses implications actuelles) dans le New England Journal of Medicine. Cet article stipulait que l’homme moderne aurait avantage à imiter le régime alimentaire de son ancêtre chasseur-cueilleur afin de jouir d’une forme optimale et d’éviter les maladies dégénératives.
Ce qui n’était qu’un mouvement « underground » il y a 25 ans est devenu un véritable phénomène qui gagne de plus en plus d’adeptes.

Caveman with Junkfood (Banksy)

Un régime alimentaire strict

Adopter la diète des chasseurs-cueilleurs demande beaucoup de sacrifices : tout ce qui ne faisait pas partie de l’alimentation quotidienne de nos ancêtres des cavernes est proscrit. Adieu produits laitiers, produits céréaliers, légumineuses; adieu sel, sucre raffiné, produits transformés ou en conserve; adieu alcool et boissons fermentées ! Un ami a su résumer le tout simplement : « Au supermarché, tu fais le grand tour, mais tu évites les allées. »

Pour reproduire les conditions de vie des hommes des cavernes et maximiser les effets bénéfiques du régime, les défenseurs de l’alimentation paléolithique s’astreignent également à des jeûnes fréquents, suivis d’une consommation importante de viande (comme leurs ancêtres en revenant de la chasse).

Ce régime, qui peut paraître triste comme un lundi pluvieux de novembre, repose sur des théories évolutionnistes. En effet, l’être humain n’aurait pas évolué suffisamment génétiquement au cours des 20 000 dernières années pour métaboliser les produits de l’alimentation moderne. Le cancer, les maladies cardiovasculaires et même l’Alzheimer seraient les conséquences de notre régime alimentaire inadapté.

Pas un programme, un mode de vie

La tendance « paléo » ne concerne pas que l’alimentation. Les nouveaux hommes des cavernes se maintiennent en forme en reproduisant les mouvements naturels et fonctionnels du corps : ils grimpent, sautent, courent, rampent et déplacent des poids pour accroître leur masse musculaire et leur endurance. CrossFit, le célèbre programme d’entraînement en circuit, participe de la philosophie « paléo » et encourage d’ailleurs ses membres à adopter le régime alimentaire ancestral.

Même si le mode de vie paléolithique favorise l’exercice physique et une alimentation dépourvue de produits transformés, gras et sucrés, plusieurs de ses pratiques sont questionnées, notamment l’idée du jeûne fréquent ou encore le faible apport en calcium et fibres solubles de ce régime alimentaire (en raison de l’interdiction de manger des produits laitiers et céréaliers).

Et vous, qu’en pensez-vous ? Seriez-vous capable de suivre un régime aussi strict ? Croyez-vous que la mode « paléo » n’est qu’un feu de paille, ou qu’elle représente au contraire l’avenir de l’alimentation humaine ?

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4 réponses à L’homme des cavernes moderne

  1. MarieLi dit :

    Oui, le régime alimentaire dans sa forme la plus  »pure » est très strict, mais la plupart des gens mangent certains produits  »interdits » quelques fois par semaine, notamment du lait ou des pâtes à l’occasion. L’article du New York Times ne montre qu’une partie de la réalité de la  »paléo » : personnellement je suis ses principes, mais je ne suis pas anti-végétariens/végétaliens comme J. Durant!

  2. Magic dit :

    Non je ne serai pas capable. L’homme a évolué depuis la préhistoire et je ne retournerais pas en arrière. Je ne sais pas si c’est vrai que nos gènes n’ont pas évolué, mais mes papilles gustatives (et je parle personnellement) oui. Les civilisations qui on traversé l’histoire ont fait évoluer l’alimentation et la cuisine. Je considère que le fait de mélanger des tas d’ingrédients variés pour en faire des plats délicieux est une des plus belles évolutions humaines qui soit.

  3. Samuel Metta dit :

    Wow! Toute une question. ;-) Et bien, par où commencer?

    Avant tout, je dois faire mes aveux: je n’ai jamais suivi d’entrainement physique de ma vie. Par contre, je faisais un minimum d’exercice physique à l’extérieur pour ne pas devenir obèse (course à pied). De plus, je n’ai jamais eu d’automobile, alors je faisais toujours mes emplettes à pied. Je mesure 5 pied et 11 pouces, mon poids-santé est de 180-190 livres mais je pesais 280 livres (entre 2007 et 2011).

    Effectivement, pendant cette période, je faisais le « tour » du supermarché plutôt que de faire les allées (comptoir resto, salami tout boeuf, rosbif juteux, lanières de poulet congelées, boulette de boeuf congelées, viande hachée, lait, yogourt nature, pain tranché blanc, pizzas surgelées, et beaucoup de jus d’orange et pomme). Et en plus de tout ça, j’allais au fast-food une ou deux fois par semaine. Ceci peut ne pas apparaître comme un régime, mais ça m’arrivait 1 fois par semaine de faire un 24 heures de jeûne pour aller manger du fast-food. Ce n’était pas une diète, sauf que je vivais exactement comme un chasseur-cueilleur. En faisant toujours tout à pied et sans automobile, j’avais vraiment l’air d’un gros-grand primitif avec mon gros manteau vert foncé ;-) .

    La diète des chasseurs-cueilleurs, je le vois positivement même si c’est une triste réalité. Je le perçois comme une réponse à la génération plus riche qui veut absolument son bifteck « AAA » ou son filet-mignon à chaque vendredi et/ou samedi soir à des restaurants à travers le Grand Montréal ou bien dans la capitale provinciale. Beaucoup de viande de mauvaise qualité (ex: boeuf haché normal) se perd dans les supermarchés au détriment du trop grand nombre d’acheteurs de viande et de bifteck de qualité. Cela est la conséquence de notre société qui a diminué, depuis les 10 dernières années, sa consommation de viande en allant dans les restaurants de bifteck tendres et les poitrines de poulet de qualité. En faisant cela, le prix du boeuf haché a connu une chute de prix importante et le junk-food est redevenu « tentant » auprès des consommateurs moins exigeants en matière de qualité.

    Il y a 25 ans, le choix des fast-food était simple: McDo, Burger King, Harvey’s… Bref, un burger, une frite et une boisson gazeuse. Aujourd’hui, le choix des fast-food est excessivement vaste: Quiznos Sub, Place Tevere, Amir, Poulet Torino, Jugo Juice, Kojax, Tim Hortons, Sul Posto, Chez Ashton, Taco Express, Vieux Duluth Express, Subway, Basha & Frères, Cultures, Masako Sushi & Autres, Poulet Fusée, Café Dépôt, etc. Les jus naturels ont pris leur place dans le monde des boissons gazeuses (ce qui est une bonne chose). Le boeuf n’est plus le seul aliment convoité dans les fast-food. Le poulet semble être mieux vu dans les publicités et le porc moins gras semble plus respecté qu’autrefois.

    Évidemment, le régime des chasseurs-cueilleurs n’est pas la solution à long terme et il faudra que l’homme se tourne vers les végteaux verts, les céréales et les pains fibrés et les légumineuses. Il devra aussi se tourner vers des produits laitiers moins sucrés (ex: lait et yogourt nature à fabile gras, fromages) et aussi des jus naturels (ex: jus de pommes, jus d’orange, jus de raisins). Notez aussi que les jus naturels peuvent remplacer la dépendance au café (ce qui est une bonne fin en soi).

    Pour ce qui est de la viande, c’est là où le bât blesse. Comment faire raisonner à la personne nord-américaine de manger à proportion égale les cuisses versus poitrines? (effectivement, beaucoup de cuisses de poulet se perdent dans les restaurants et supermarchés). Comment faire accepter à la classe moyenne très aisée de se contenter de cuire des repas au boeuf haché ou de lanières de boeuf moins tendres que d’aller chez leur resto à bifteck tendre et juteux? Ce sont des défis que le race blanche devra relever pour démontrer son autonomie…

    • Myriam dit :

      En effet, les habitudes alimentaires ont bien changé, entre autres avec l’arrivée (puis la multiplication) des plats préparés et surgelés en épicerie!
      Espérons que la tendance ramènera une alimentation plus simple, plus proche, surtout, de nos besoins nutritionnels! S’il est vrai que l’offre en restaurant de fast-food « santé » est plus importante que par le passé, il demeure que rien ne vaut un bon petit plat préparé par ses propres soins.
      Bon appétit!

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