Quartiers disparus : la mémoire en images

On ne peut pas raser les souvenirs

Ils s’appelaient le Faubourg à m’lasse, le Red Light et Goose Village. Trois quartiers de Montréal qui appartiennent au passé, trois microcosmes régis par la vie de leurs habitants, au rythme des saisons, des fêtes et des deuils. Trois espaces sacrifiés pour « nettoyer la ville », moderniser ses infrastructures, faciliter la circulation automobile.
Des quartiers entiers ont été rasés, leurs maisons démolies, leurs communautés détruites. Mais les anciens résidents n’ont rien oublié, pour notre plus grand bonheur…

Vue aérienne du site déblayé de Radio-Canada 1964 Archives de la Ville de Montréal

Le Centre d’histoire de Montréal présente, jusqu’au 25 mars 2012, l’exposition-documentaire Quartiers Disparus. Archives photographiques de la ville, entrevues d’experts (urbanistes, professeurs, etc.), vidéos, témoignages des anciens habitants : l’exposition présente une quantité impressionnante de matériel, ce qui contraste d’autant plus avec l’absence de ces endroits lorsqu’on arpente les rues de Montréal.

Quadrilatère de Radio-Canada, 11 décembre 1963 Archives de la Ville de Montréal

Au nom du progrès

La centralisation de la société Radio-Canada et la préparation de l’Exposition Universelle de 1967 et des Jeux olympiques de 1976 ont transformé le paysage montréalais. Les quartiers pauvres constitués de      « taudis » et jugés insalubres sont rasés et leurs populations expropriées. Le centre-ville doit être un centre d’affaires et non un lieu de vie, selon Jean Drapeau, maire de l’époque, qui affirme en 1969 que « les masses ont besoin de monuments ».
Entre 1950 et 1970, 25 000 Montréalais ont ainsi dû renoncer à leur logement pour l’érection de ces        « monuments »…

Je suis sortie de cette exposition troublée, émue, bouleversée. Les voix des résidents, leurs souvenirs d’enfance et leur peine résonnent encore en moi, et j’ai soudain la nostalgie d’une époque et de quartiers que je n’ai jamais connus…

Avant d’aller voir l’exposition, mettez-vous dans l’ambiance en visionnant ces photos de Goose Village:

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5 réponses à Quartiers disparus : la mémoire en images

  1. Francine Lalonde dit :

    Et dire qu’ils ont tout détruit Goose Village/Victoriatown pour un Autostade! Quelle tristesse…

  2. Blaise Pascal dit :

    Je trouve ça dommage, mais en même temps c’est le propre de la modernité et de l’urbanisation. Avant de raser des quartiers, on a rasé des champs, des forêts et c’est que qu’on fait de plus en plus vers le Nord de la province. Si on veut vivre en ville, avoir tout à côté, notre auto de l’année, faut vivre avec.

    • Catherine dit :

      Je crois qu’il est quand même souhaitable, voire nécessaire, qu’il y ait un débat public sur la question, qu’on consulte les citoyens touchés avant de ramener la pépine devant leur maison, et qu’on fasse de réels efforts, si l’expropriation est inévitable, pour reloger les gens à proximité et les dédommager convenablement…

  3. Catherine dit :

    ***** Depuis le 15 juin dernier, la CinéRobothèque propose gratuitement des films sur Montréal (une collection de 10 000 titres!), à visionner sur place, du mardi au dimanche, entre midi et 21h00. *****

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