Boss des bécosses-Histoires d’expressions

Aujourd’hui, je vous invite une nouvelle fois à venir faire un tour dans le monde des expressions populaires. Ce n’est pas que je veuille faire mon boss des bécosses, mais vous devriez absolument lire ce billet. Ainsi vous éviterez d’être à la masse si un jour on vous demande pourquoi vous êtes tiré à quatre épingles.

Faire son boss des bécosses

Au Québec, quand on dit que quelqu’un «fait son boss des bécosses», on entend par là qu’il se croit supérieur ou qu’il agit comme s’il connaîssait tout et exerce abusivement son autorité. Le mot bécosse est dérivé d’un terme anglais, «Back house», désignant les toilettes sèches qui étaient traditionnellement situées à l’arrière de la maison. Cette expression injurieuse vise donc clairement à remettre une personne à sa place quand elle joue au chefaillon.

Être à la masse

Cette expression très récente signifie être fou ou inconscient, complètement déphasé, voire abruti. Elle serait dérivée de la formule populaire «coup de masse», qui désigne un choc émotif violent, et sous-entend que pour être aussi idiote, la personne a dû recevoir un choc à la tête. D’ailleurs, quand on y pense, on fait souvent référence à cette notion de coup lorsqu’on désigne quelqu’un de toqué (frappé à petits coups), cinglé (frappé violemment) ou complètement marteau.

Une autre interprétation de l’expression «être à la masse» suggère que le terme masse se rapporterait plutôt à son sens dans le domaine de l’électricité. La masse étant la partie conductrice d’un matériel électrique susceptible d’être touchée par une personne (par exemple la carcasse métallique d’un lave-linge), qui n’est normalement pas sous tension et qui est reliée à la terre à travers un câble électrique. Le passage du courant entre la masse et la terre pouvant parfois être dysfonctionnel, être à la masse serait un peu comme être disjoncté du monde !

Être tiré à quatre épingles

Quand vous êtes «tiré à quatre épingles», c’est que vous vous êtes mis sur votre 31 (ou alors sur votre 36, si vous êtes Québécois ;) ). Vous avez pris la peine de vous habiller avec un soin méticuleux, vos vêtements sont bien en place. Pour trouver l’origine de cette expression, on peut simplement penser à un carré de tissu, dans lequel il suffit de planter quatre épingles, une à chaque coin, pour qu’il soit bien tendu. Mais, si on remonte au XVIIe siècle, on disait qu’une personne qui avait bien ajusté ses vêtements (ses bas-de-chausse notamment) était «bien tirée». Notez aussi que le chiffre quatre symbolise une sorte de maximum (monter les marches quatre à quatre, se plier en quatre…). Ainsi, être tiré à quatre épingles, c’est s’être habillé le mieux possible.

Voir aussi :

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