Le livre, à vue de nez

Aaaah, le bonheur de plonger le nez dans un bon livre… mais au fait, pourquoi dit-on « plonger le nez », alors que ce sont plutôt nos yeux qui plongent dans le texte ? C’est sans doute parce que, comme la zone du cerveau qui traite les odeurs est voisine des zones affectées aux émotions et à la mémoire, les odeurs ont la capacité de déclencher instantanément des réactions très fortes…

L’odorat : une voie directe vers nos émotions

L’odeur de vieux livre est composée d’une part de moisi, d’une autre de papier, plus une touche d’encre et de quelques autres ingrédients encore. Lorsque nous sentons un livre, l’air chargé des particules odorantes libérées par ce dernier pénètre l’appareil respiratoire par le biais des narines, puis des fosses nasales, où il atteint l’épithélium olfactif, une couche cellulaire qui regroupe jusqu’à 100 millions de récepteurs.

C’est là que les odeurs perçues sont transformées en influx nerveux, que des neurones olfactifs transmettent quasi-instantanément au cerveau. Celui-ci en fait alors l’analyse, et associe l’information à différentes émotions ou souvenirs, en plus d’identifier l’origine de l’odeur.

Si notre odorat est beaucoup moins puissant que celui des animaux, il est tout de même capable de faire la différence entre plus de 10 000 odeurs : c’est 2 000 fois plus que les capacités de nuance des papilles gustatives, qui ne distinguent que cinq saveurs (sucré, salé, amer, acide et umami) ! En fait, le goût perçu des aliments est constitué d’une combinaison de leur parfum et de leur saveur, d’où la capacité de la nourriture à évoquer elle aussi des émotions et des souvenirs. Quant à moi, une de mes odeurs préférées est définitivement celle d’un vieux livre bien jauni.

Le livre numérique n’a pas d’odeur…

Je suis un peu vieux jeu, mais j’ai encore du mal à me faire à la lecture sur liseuse numérique. Pour moi, qui suis adepte des livres brocantés, le plaisir de la lecture commence lorsque j’ouvre la première page de mon bouquin, et que j’en hume le parfum.

Immanquablement, me voilà transportée : odeur de rentrée scolaire, de premiers romans roses lus en cachette la nuit, de vieux livre relié de cuir trouvé dans la bibliothèque du chalet… Sans parler des taches de café, des brins d’herbe et parfois même des grains de sable qui, au fil des pages, me racontent ce qui s’est passé la dernière fois que ce livre a été lu !

…et pas de limite

Je dois quand même admettre que le livre numérique déclasse le bouquin imprimé à quelques chapitres : pas de limite au nombre de romans qu’on peut amener en vacances, au nombre de dictionnaires de langue qu’on emporte en voyage ; la possibilité d’annoter le texte sans abimer l’original, ou même de faire rapidement une recherche à travers le livre pour retrouver cette phrase sublime qui nous avait soufflé…  Les limites du livre en sont véritablement repoussées.

Au point où je vais peut-être me résoudre à acheter ce fameux « parfum de livre », lancé cette année par le magazine Wallpaper, pour en vaporiser ma liseuse !

Sans parler qu’avec des livres virtuels, qui se téléchargent et s’échangent dans un anonymat quasi-complet, difficile d’envisager des autodafés comme ceux imaginés par feu Ray Bradbury dans son angoissant Fahrenheit 451 (si vous n’avez pas lu ce livre d’anticipation, dépêchez-vous d’aller vous le procurer en librairie… ou en ligne !).

L’été, c’est fait pour… lire !

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Sur ce, bon été, et bonne lecture !

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2 réponses à Le livre, à vue de nez

  1. karine dit :

    Je partage ton opinion! Moi aussi j’adore l’odeur des livres, surtout quand ils viennent tout juste d’être imprimer :) En plus un livre c’est chaleureux! J’en dirais pas autant d’une liseuse… Mais c’est pratique quand nos bibliothèques débordent et beaucoup plus portatif ;)

  2. PoissonClown dit :

    Excellent billet !
    Moi aussi j’adore le parfum des livres… mais j’aime aussi toucher le grain du papier, la texture d’une couverture… et entendre le doux froissement d’une page qu’on tourne…
    Je suis tentée de m’acheter une liseuse pour ne plus me priver de lire des grosses briques parce que j’ai peur de me déboîter une épaule quand je les transporte mon sac à main ;) , mais je crois que je ne ferai jamais une croix sur les vrais de vrais livres.
    Et puis c’est tellement plus le fun de retrouver des grains de sable dans son bouquin que dans sa liseuse. :-P

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