La disparition des abeilles crée un buzzz…

Albert Einstein a déjà dit : « Si les abeilles devaient disparaître, l’humanité n’aurait plus que quelques années à vivre. » Ça peut sembler un peu fort, mais ce n’est pas bien loin de la réalité : c’est que les abeilles ouvrières jouent un rôle dans la pollinisation de quelque 20 000 espèces de plantes. On estime ainsi qu’une bouchée sur trois de la nourriture qu’on ingère provient de cette pollinisation. Advenant la disparition des abeilles, il faudrait en plus faire face à celle de plusieurs espèces animales : d’abord d’herbivores, faute de plantes fourragères, puis de carnivores, privés de proies. L’abeille, qui était présente sur la Terre avant l’humain, joue donc un rôle essentiel dans notre chaîne alimentaire.

Disparition des abeilles : à qui la faute ?

Les causes exactes de la mortalité élevée et croissante observée chez les abeilles depuis le milieu des années 1960 sont multiples. Dans le récent rapport de l’ONU sur le sujet, on cite certains facteurs qui affectent la biodiversité en général (changements climatiques, disparition des habitats naturels, pollution de l’air, etc.), mais aussi d’autres qui touchent plus directement les abeilles.

Le Varroa destructor suce l'hémolymphe de l'abeille (son sang) (c) Harry Meschke

Abeilles et acariens : le coup de la piqueuse piquée
La plus grande menace qui pèse sur les abeilles est un parasite de la grosseur d’une tête d’épingle. En effet, une infestation par le Varroa destructor, un acarien qui propage bactéries et virus, suffit à détruire une colonie en moins de trois ans si elle n’est pas contrôlée. Découvert en Asie vers 1904, le Varroa destructor a été détecté en Occident au début des années 1980, et il continue à gagner du terrain depuis.

Des fleurs au parfum de mort
Pour produire 500 g de miel, les abeilles doivent récolter le pollen de 8 700 000 fleurs… difficile pour l’apiculteur de contrôler ce qui est butiné ! Hors, les agriculteurs recourent de plus en plus à des semences enrobées d’insecticides et de fongicides, ou encore à des espèces OGM produisant elles-mêmes des insecticides. Ces méthodes rendent plusieurs plantes hautement toxiques pour les abeilles.

On a aussi constaté que certains produits utilisés par les apiculteurs eux-mêmes pour accroître le rendement en miel des ruches (antibiotiques, suppléments alimentaires, insecticides contre les acariens, etc.) contribuent finalement à diminuer la défense immunitaire des abeilles, les rendant plus vulnérables aux maladies… Bref, additifs chimiques et abeilles ne font pas bon ménage !

Une planète en surtension

Pour plusieurs scientifiques, la santé des abeilles est un fusible indicateur de la vie sur Terre : si elles dépérissent, l’humanité aussi serait guettée par la surtension… Aujourd’hui, on réalise qu’une action à l’échelle mondiale est nécessaire pour éviter l’extinction des abeilles. Vous voulez faire partie du mouvement ? Aménagez une zone de pollinisation sécuritaire pour les abeilles : plantez un petit jardin sans pesticides, garni de cosmos, de marguerites, menthe, trèfle et autres plantes nourrissantes et regardez aller les butineuses… vous aurez vite la piqûre ; )

Je vous laisse sur une vidéo de National Geographic où l’on voit des ouvriers chinois polliniser manuellement des poiriers, les abeilles ayant complètement disparu de la région… de quoi faire réfléchir !

Le silence des abeilles par AMAPD

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7 réponses à La disparition des abeilles crée un buzzz…

  1. Magic dit :

    assez inquiétant….

  2. Marie-Anne dit :

    Hier en revenant chez moi, j’ai remarqué dans mon jardin un gros bourdon affaibli, volant avec peine. En le regardant de plus près, j’ai vu des taches blanches sur les ailes et le corps (une sorte de champignon pathogène). Est-ce que les bourdons pourraient souffrir de la même maladie que les abeilles? Décidément, ça ne va pas bien dans le monde des butineurs…

    • Myriam dit :

      Tu as raison Marie-Anne, les bourdons sont eux aussi victimes de problèmes de santé chronique : élevés en masses pour assurer la pollinisation en serre de plusieurs plantes, les bourdons « industriels » sont devenus plus sensibles aux infestations par des parasites, champignons et virus, et propagent ensuite ces maladies aux colonies sauvages.
      Mais les propriétaires de ruches sont de plus en plus conscientisés face aux risques, de nouveaux traitements sont mis au point, un système de signalement des contaminations est désormais en place… y’a rien de trop beau pour la classe (des abeilles) ouvrières ; )

  3. Myriam dit :

    Tiens tiens… un tandem composé d’une entomologiste, Madeleine Chagnon, et d’une toxicologiste, Monique Boily, vient de publier une étude établissant un lien clair entre l’utilisation de semences enrobées de pesticide et certains troubles observés chez les abeilles (difficulté à s’orienter, à voler, à communiquer entre congénères…).

    http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/agro-alimentaire/201110/11/01-4456267-les-abeilles-clairement-affectees-par-les-pesticides.php

  4. Myriam dit :

    Dernières nouvelles… Une petite mouche est pointée du doigt par la communauté scientifique : l’Apocephalus borealis. Des chercheurs on découvert que, en plus d’être un vecteur potentiel de deux maladies affectant les abeilles, la mouche signe l’arrêt de mort de l’abeille qui croise sa route en pondant entre 13 et 25 oeufs dans son abdomen !
    Après quelques jours, l’abeille ainsi parasitée fugue de sa ruche, se comporte de façon erratique, puis meurt. :(
    http://www.cyberpresse.ca/environnement/especes-en-danger/201201/07/01-4483682-nouveau-fleau-chez-les-abeilles.php

  5. Ping : Le miel : remède ancestral qui a de l’avenir - Blogue Ikonet | Blogue Ikonet

  6. patricj dit :

    Y a t’il quelques chose que l’on puisse faire… Une possible campagne de sensibilisation même si la plupart des gens de notre siècle ne se soucis que de leurs nombril. c’est malheureux à entendre . J’ai un jardin de felurs et de légumes à l’arrière de chez moi et je n’Ai pas vu une abeille de l’été

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