Tempête tropicale ou ouragan ?

Une histoire dans le vent…
Alberto a fait son apparition en mai, et on en est déjà à en découdre avec Isaac, neuvième tempête tropicale de l’Atlantique à se mériter un nom cette saison! Y’a pas à dire, la saison des ouragans bat son plein. D’ailleurs, j’ai cru en croiser un hier, alors qu’un violent coup de vent m’a arraché mon parapluie des mains… Mais vérification faite, ce n’était pas un ouragan qui était passé par là : Joyce, Kirk et Leslie, les trois prochains en lice, rôdent plutôt aux environs des côtes ouest-africaines ces jours-ci ! En fait, ma bourrasque ne se qualifiait pas du tout selon l’échelle Saffir-Simpson : voyez-vous, n’est pas ouragan qui veut.

La formation d’un ouragan
(ou d’un typhon, ou d’un cyclone, ou d’un willy-willy, c’est pareil)

Par définition, les ouragans sont de violentes tempêtes tropicales se formant au-dessus des eaux tempérées d’un océan (l’eau doit atteindre au moins 27 degrés Celsius pour qu’un ouragan puisse se former).

Structure d’un ouragan (ou d’un cyclone, ou d’un typhon, ou d’un willy-willy…)

En s’évaporant sous l’effet des rayonnements solaires, puis en se condensant à mesure qu’elle s’élève et se refroidit, l’eau de mer forme des nuages de tempête. Lors de la formation d’une tempête tropicale, ces nuages s’organisent graduellement en forme de tourbillon, au centre duquel une cheminée naturelle se forme, continuant d’aspirer de l’air chargé d’humidité à la surface de l’océan. Tant qu’elle sera alimentée par la chaleur de l’océan, la cheminée, ou œil de la tempête, continuera d’aspirer de la vapeur d’eau, de former de nouveaux nuages, et de faire prendre de l’ampleur à la tempête. Ces formations nuageuses agitées de vents violents peuvent ainsi atteindre plus de 1000 km de diamètre, et 15 km de hauteur – soit plus haut que l’Everest, mais tout de même moins que le Olympus Mons martien.  ;)

Selon l’océan au-dessus duquel elles se forment (et les côtes qu’elles touchent ensuite), les plus fortes de ces tempêtes portent des noms différents. En Amérique, on les désigne sous le nom d’ouragan, alors qu’en Asie on parle de typhons. Autour de l’océan Indien on les appelle cyclones, tandis qu’en Australie on dit willy-willies. Ne vous y trompez pas, malgré ces noms variés (et parfois rigolos !), il s’agit dans tous les cas d’une catastrophe : quand une tempête tropicale atteint ce degré de gravité, les populations côtières sont sérieusement menacées, et il faut se préparer à tout.

Tempête, ouragan : quelle est la différence ?

Pendant la saison des ouragans, qui s’étend officiellement de juin à novembre dans l’océan Atlantique, les habitants des régions côtières de l’Amérique, particulièrement ceux du Sud des États-Unis et des Caraïbes, se tiennent sur le qui-vive, prêts à barricader portes et fenêtres et à courir aux abris si l’alerte est donnée. Parfois, à la dernière minute, l’ouragan qui menaçait est soudain « rétrogradé » au rang de tempête, comme ce fut le cas récemment avec l’ouragan Isaac… Mais quelle est au juste la différence ?

L’échelle de Beaufort

L’échelle de Beaufort, qui permet d’évaluer la force du vent, a été mise au point par le marin britannique Francis Beaufort, vers 1805. Les instruments de mesure météorologiques étant beaucoup moins précis (voire disponibles !) à l’époque, il fallait pouvoir estimer la force du vent simplement en observant les effets de celui-ci. Aujourd’hui encore, on utilise cette échelle à 13 paliers pour classifier les vents. Ainsi, un vent de force 0 souffle à moins de 2 km/h, et n’empêche même pas la fumée des cheminées de s’élever tout droit dans les airs, tandis que l’échelon le plus élevé, la force 12, correspond à des vents de 120 km/h et plus : à partir de là, on parle d’ouragan – et on s’attend à beaucoup de dégâts !

Quand un ouragan est rétrogradé, c’est que la force des vents qui l’agitent s’est apaisée, passant sous la barre des 120 km/h. Ces vents de force 11 peuvent quand même entraîner des dommages importants aux maisons et infrastructures : ces violentes tempêtes ne sont donc pas à prendre à la légère, même si elles ne se qualifient plus comme ouragans.

L’échelle de Saffir-Simpson

C’est bien beau savoir quand un ouragan menace, mais encore faut-il savoir quelles mesures préventives mettre en place pour s’en protéger. C’est justement pour évaluer l’ampleur des dommages à prévoir, et donc du danger posé, qu’un deuxième outil de classification a été mis au point dans les années 70, aux États-Unis. L’échelle de Saffir-Simpson, un peu comme l’échelle de Fujita améliorée le fait pour les tornades, catégorise les ouragans selon le degré de gravité des dégâts qu’ils risquent de causer, leur attribuant une cote de 1 à 5. Un ouragan de catégorie 1s’accompagnera donc de vents de 118 à 152 km/h et de marées s’élevant de 1,2 à 1,7 mètre ; on s’attend à ce qu’il cause des dégâts aux arbres et arbustes, aux maisons mobiles, ainsi qu’aux petites embarcations et aux installations côtières (quais, amarres…).

Les cinq catégories de l’échelle Saffir-Simpson, pour les visuels

L’ouragan Katrina, particulièrement destructeur, qui a frappé en 2005. L’œil de l’ouragan est bien visible au milieu du tourbillon de nuages.

Pour avoir une idée de la dévastation causée par un ouragan de catégorie 5, il suffit de savoir que l’ouragan Katrina, qui a ravagé à l’été 2005 la côte est-américaine, et particulièrement la Nouvelle-Orléans et la Louisiane, en était un. On parle alors de vents atteignant les 248 km/h, de marées dépassant les 5,5 mètres, d’édifices détruits, d’inondations… il s’agit d’une catastrophe naturelle majeure, dont il faut plusieurs années pour se remettre. Heureusement, il est très rare qu’un ouragan atteigne cette puissance.

Maintenant que je sais faire la différence entre tempête et ouragan, je peux arrêter de crier à l’ouragan chaque fois qu’une pluie sévère s’abat sur ma tête… c’est vrai, il ne faudrait pas en faire un ouragan dans un verre d’eau, non plus ! ;)

 

 

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