Langage texto : un français 2.0 ?

« cc ca va? Jspr ke tu va bi1. » La première fois que j’ai reçu un message du genre, je suis restée un peu perplexe. J’ai dû le lire à voix haute pour le comprendre !

La généralisation des téléphones portables, des messageries instantanées et des médias sociaux apporte de nouvelles contraintes de communication : temps limité, espace restreint, manque de convivialité des « claviers ». Résultat ? Pour contourner ces difficultés, les utilisateurs ont carrément revu les conventions d’écriture !

téléphone portable

Les téléphones portables ont favorisé la création d'un langage codé.

Les textos ou SMS sont-ils une menace pour le français ?

Plusieurs se questionnent sur l’influence du langage texto (ou langage SMS, pour Short Message Service) sur le français écrit. À force d’abréger ou d’utiliser des équivalents phonétiques, les texteurs et autres microblogueurs perdront-ils leur capacité à écrire correctement ? Dans une série d’articles sur la question, les journalistes de Radio-Canada ont interrogé des professeurs, des linguistes et même des chercheurs (eh oui, de très sérieux projets de recherche étudient les textos !).

À ma grande surprise, la plupart s’entendent sur le fait qu’il ne faut pas s’inquiéter outre mesure. En effet, la majorité des texteurs sauraient très bien faire la différence entre ce langage codé, associé à une situation de communication précise, et la langue standard. Comme nous ne parlons pas tout à fait de la même manière lors d’un souper entre amis que lors d’une conférence devant public.

Et vous, utilisez-vous le langage texto de façon régulière ou occasionnelle ? Y voyez-vous une menace pour le français écrit ?

Parlez-vous texto ?

Afin de tester vos connaissances en la matière, je vous invite à consulter ce glossaire interactif des expressions textos. Et si vous vous sentez encore un peu démuni face à ce qui peut ressembler à du charabia, vous pouvez même utiliser un traducteur SMS-français ! MDR !

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13 réponses à Langage texto : un français 2.0 ?

  1. Virgule Jr dit :

    Je ne suis pas contre l’utilisation de codes et d’abréviations dans certains contextes, par exemple la prise de notes ou l’envoi de courts messages personnels…
    Mais je l’aime, notre « langue de chez nous », j’aime la voir s’afficher, au long et sans faute, avec ses plus jolies tournures et ses mots qui roulent en bouche… Et je pense que c’est par des statuts Facebook bien orthographiés que ça commence! ;D

    • Anne dit :

      Personnellement, je fais la distinction entre les textos envoyés à partir de téléphones portables à ses amis (où il y a de réelles contraintes, ainsi qu’un certain caractère privé et informel) et des messages écrits sur Facebook ou dans des forums de discussion, qui sont des lieux publics. Quand on dispose d’un vrai clavier et de tout le temps voulu, pourquoi écrire « bcp » plutôt que « beaucoup »? Dans ce cas, cela ne me semble pas justifié.

  2. Michelle dit :

    Sans être contre l’utilisation du langage texto (après tout, il faut vivre avec son époque!), je trouve dommage qu’on ne prenne plus le temps d’écrire correctement. Et de nos jours, tous les téléphones cellulaires sont munis d’un clavier complet.
    Je tolère l’absence d’accents dans les textos, mais je n’accepterai jamais qu’on m’écrive « c po grav tu compran pareil ». Prochaine étape : des messages écrits uniquement à partir d’émoticônes? ;-)

    • Anne dit :

      Pour ma part, j’aime bien les émoticônes et, par conséquent, certains sigles comme MDR (mort de rire). Ils permettent de mettre un peu de vie dans les messages et courriels!

      • Titanouk dit :

        Pour ma part, j’ai beaucoup de mal à suivre cet élan de code. Mais lorsque j’ai compris, j’ai l’impression de me rapprocher de la jeunesse d’aujourd’hui, de mieux les comprendre, les entendre. Cependant, je suis tout à fait d’accord qu’il faudrait que cette vague passe au plus vite avant que nous sachions plus comment écrire notre langue.

        D’une femme qui fait déjà assez de fautes de français comme ça.

        • Anne dit :

          Ça rejoint un peu ce que disent les spécialistes interrogés par les journalistes de Radio-Canada : ça aurait d’abord été un « code de jeunes », un peu comme l’a été le joual à une certaine époque.

  3. Bonjour,
    J’apprécie beaucoup ces commentaires concernant ce massacre du français ! Je viens presque chaque année au Québec, pays que j’aime beaucoup et où on défend plus la langue française qu’en France même à l’exception du terme « consultant » que j’ai eu la surprise d’entendre utiliser comme désignant celui qui reçoit en consultation ) Mais c’est minuscule par rapport aux dix fautes fréquentes dans le courrier d’une personne détenant pourtant une maîtrise (pardon, un Master !) ce qui est hélas courant en France. Je crois donc que les textos sont en partie responsables de ce naufrage, mais aussi, l’absence de lecture et le mode d’éducation, scolaire comme social.

    • Anne dit :

      Au Québec, nous faisons souvent la chasse aux mots anglais, mais cela ne nous met pas à l’abri de l’anglicisation… Je crois que nos anglicismes sont souvent plus insidieux (structures de phrases à l’anglaise, expressions anglaises traduites littéralement…).
      Et malheureusement, nous avons au Québec les mêmes inquiétudes et préoccupations que vous au sujet de l’enseignement du français : nous avons eu notre lot de réformes de l’éducation controversées!
      Ici aussi, la question de la qualité de la langue écrite fait fréquemment les manchettes et alimente bien des discussions…

  4. Olivier dit :

    Espérons que ce phénomène forçera l’Académie française à mettre fin à cette orthographe illogique, c’est-à-dire autoriser à nouveau de pouvoir écrire les mots comme ils se prononcent comme c’était le cas au Moyen Age avant ses absurdes impositions.

    • Anne dit :

      Je ne suis pas nécessairement contre l’idée d’une simplification de l’orthographe et des règles grammaticales (certaines règles d’accord de participes passés, par exemple, sont impossibles à retenir!), mais quand on constate le tollé et la résistance suscités par les plus récentes Rectifications orthographiques, qui n’étaient pas particulièrement audacieuses, on se dit que ce n’est pas demain la veille…

  5. Olivier dit :

    Tout à fait d’accord, quoiqu’en ce qui concerne la résistance aux rectifications elle vient plutôt malheureusement de certains dictionnaires qui semblent vouloir prendre le contrôle de la langue française au détriment de l’Académie française. En effet, les différents sondages à ce sujet montrent que la plupart des francophones connaissent pas ou encore peu l’existence de ces rectifications.

    • Anne dit :

      Lorsque je discute des rectifications orthographiques avec mon entourage, je sens aussi très bien cette résistance. Bon, ce n’est pas très scientifique comme observation, mais je crois que les francophones sont bizarrement attachés à leur orthographe complexe, même s’ils aiment bien râler à son sujet !

      Même les institutions officielles demeurent frileuses… Ici, au Québec, l’Office québécois de la langue française et le ministère de l’Éducation évitent de prendre une position ferme. Tout au plus affirment-ils que les deux graphies, l’ancienne et la rectifiée, doivent être considérées comme acceptables.

  6. GUGENHEIM dit :

    La révolusion de l’ortograf a déja començé é èl se propaje rapidemen! -> http://www.ortograf.net

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